J'ai horreur de la lenteur. Ceci m'empêche d'aimer Melville, même si c'est notre maître à tous, le véritable précurseur avant Godard, Chabrol ou Truffaut.
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Le cinéma est quelquefois réussi, quelquefois il ne l'est pas ; ce n'est pas la peine de croire qu'on le réussira mieux en y mettant des millions
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On me dit souvent que je dois jubiler à peindre des crapules. Pas du tout. Ça me fait seulement de la peine de les voir plumer les petites gens. Je ne filme des salauds que parce que personne ne le fait.
On est acteur d'instinct ou pas. On peut gommer certains défauts, enrichir des qualités, mais on ne peut s'acheter une personnalité, un caractère, un tempérament. Dans ce sens, j'ai l'honneur de déclarer que les cours d'art dramatique sont d'inutilité publique. Tu veux être une star ? Compte sur toi même, fais-toi une personnalité et envoie chier les profs !
À cause des thématiques que j'abordais, personne ne me suivait. Quand j'ai voulu faire un « Un drôle de paroissien », ça a été très compliqué car les gens de la télévision me disaient que les catholiques n'iraient pas voir ce film qui parle de profanation. Finalement, ça a été un triomphe. Il a fait 50 millions d'entrées en 50 ans !
Les enfants de riches se laissent plus facilement happer par le cinéma : n'ayant pas le souci de l'argent, ils peuvent, sur un caprice, embrasser ce métier très aléatoire. À l'inverse, les enfants de pauvres doivent trouver coûte que coûte un emploi pour subvenir à leurs besoins, et, le cas échéant, ceux de leur famille. S'ils veulent faire du cinéma, ils ont un accès limité aux sources financières. Cela fut et demeure mon cas.